jueves, 23 de junio de 2011

De guionistas y otros advenedizos: Amar en tiempos revueltos


Las novelas españolas de época y por entregas han vuelto a tener entre nuestro público gran predicamento y no me extraña. En el fondo nos gusta saber de nuestra idiosincrasia, mucho más que de la de aquellos, la de otros que nos son, que nos resultan en el fondo completamente ajenos. No es fácil encontrar similitudes. Aunque el ser humano sufra o ría de la misma manera, en cierto modo nos seguimos encontrando muy lejos de aquellos escenarios de casas americanas, de latifundios gringos donde en realidad un español no tiene nada que hacer, no se ve retratado. De ahí que ahora algunas series que sí hablan de nuestra historia y que de alguna manera la cuentan, la relatan y la hacen real estén pisando fuerte en el panorama televidente nacional. Yo lo prefiero a otras cosas peores. Son para entretener y entretienen. Bien. Las novelas por entregas han tenido históricamente su posición en la literatura y mucho mayor peso aún en la sociedad, por lo que no debemos extrañarnos si en la actualidad también ocupan un papel, máxime cuando el ser humano está mas necesitado que nunca de distracción, de changer les idées, que dicen los franceses. Muchas de nuestras novelas, la mayoría, fueron difundidas así, por entregas. Los autores que vivían de ello, por lo general grandes novelistas tenían igualmente su hueco en la literatura y en el elistista mundo cultural de las letras. Y es que aquellos sabían lo que hacían. La Señora, La República, o Amar en tiempos revueltos son algunas de las mas celebradas, especialmente esta última que seguimos con afición desde hace ya al menos cinco años. Yo que vivo en Francia la he seguido más o menos, claro, no todos los episodios al pie de la letra, ni todas las semanas con el mismo ímpetu, pero bueno, hemos estado ahí, que se dice, sobre todo en verano. Está claro que escribir guiones de época especialmente –ahora me refiero a los que han escrito La Señora- no es cosa fácil y es obvio que no se trata solamente de vestir a los personajes y ubicarlos en un escenario de época: estos deben pensar, reflexionar y sentir y hablar como se hacía en el momento histórico en que se sitúa la historia, el suceso. Huelga decir que esto no se ha visto en absoluto en esta serie ni en ninguna, pero con todo, nos ha gustado verlo porque los personajes, la imagen, su interpretación ha sido muy sugerente.
                                                     
La cuestión de Amar en tiempos, hay que reconocerlo está algo en declive, a los guionistas se les ha ido en cierto modo la pluma de la actualización y se han pasado añadiendo elementos extrahistóricos, osea, fuera de época. Ni las mujeres reflexionaban como lo hacen estas, no se partían el cacúmen así, para nada, ojalá lo hubieran podido hacer. El argot que se utiliza no era ni por asomo como el que ultimamente venimos escuchando con dichos, frases y palabras que no existían (cansino...) por supuesto ningún hombre iba por la calle con camisa, chaleco y sombrero, sin chaqueta. Había ciertas leyes, en un Madrid, donde  te multaban si no ibas vestido correctamente por la calle. Eso del chaleco metido por dentro del pantalón... En fin, una suerte de elementos que están fuera de contexto constantemente, que puede que actualicen la obra pero que la desvirtuan por completo. Los personajes cambian de un día para otro –supongo que en función de la audiencia- pasando de ser el malo o mala malísima a poseer la mayor de las ternuras, el caso de la bailarina, o el del judío que luego era nazi. Pierden credibilidad. Irene, una mujerona de tomo y lomo asaltacunas, es presentada sufriendo unos amoríos raros, cuyas amigas son todas tan jóvenes que no corresponden a su potencial de mujer ni a su realidad social, espero que se decante por Andrés que es el único que está en su sitio y que obedece a su lógica contradicción masculina. Almudena es difusa igualmente, no se sabe la edad que tiene, y lo que hace tampoco se corresponde a la edad ni con la época, es decir, está todo fuera de contexto, he conocido algún caso de polio y la situación no era así ni por asomo, aquellos casos eran muchísimo más duros, mucho más crueles aunque fueran señoritas bien. Poco real. Los del bar desbarran por completo y deberían cuidar su lenguaje porque es a ellos donde más se les nota el desajuste temporal e histórico. Pelayo que suele estar bastante bien, ultimamente también le meten gazapos y formas que se repiten. Los guionistas deberían –si no son de Madrid, yo si lo soy- leer más a Pérez Galdós. Una joven embarazada era una verguenza nacional, nadie lo tomaba tan “deportivamente”. La Benita, esquizofrénica ella, no sabemos por donde va a salir aunque se le ve las intenciones, es un claro elemento de novela negra que no debe faltar en toda novela de intriga, pero planteado así, poco creíble. En fin, la cuestión política que era lo más importante socialmente y en la vida cotidiana ahora está en un segundo plano, una pena, aunque podemos seguir disfrutando aunque sea con unos seres un poco irreales pero al fin de cuentas de carne y hueso, vecinos todos que conocemos y que son muy nuestros como el que más o como el que menos, aunque sin duda se les podía sacar mucho más partido. Hay –como todo en la vida- que conocer el oficio, amiguitos. Pero seguiremos hablando.


domingo, 19 de junio de 2011

Une présence


Je sentais l'odeur horrible de la fumée comme si cela venait d'à-côté. Je sentais, je sentais, c'était une obsession. C'était une odeur insupportable. Gloria était allergique à la fumée, à la fumée de tabac et à chaque fois qu'elle avait cette odeur, elle se mettait à tousser de manière convulsive, ce qui voulait dire qu'elle allait passer une nuit blanche. Mais, cette fois, d'où venait cette odeur puisqu'elle était seule ? Cela l'inquiéta tellement qu'elle demanda au Professeur Vicente Escudero, l'ingénieur qui lui louait la maison, si c'était déjà arrivé dans le passé. Elle lui dit très sincèrement :
- Ecoutez, je n'ai pas fait de cuisine, ni de friture, bien entendu, je n'ai même pas allumé la cheminée, ce n'est pas encore la saison, sauriez-vous me dire d'où vient l'odeur de fumée ?
- Il est possible que ça vienne du chauffage, répondit l'homme, vous savez bien que nous chauffons au fuel, la chaudière est un peu ancienne, c'est vrai…
- Bon, bon, je comprends, monsieur le Professeur Vicente, mais l'odeur qui vient jusqu'à ma chambre, au premier étage et qui doit monter par la cheminée, est une odeur de tabac, il y a quelqu'un qui fume du tabac, un tabac blond. Je le reconnaîtrais entre mille, moi qui n'ai jamais fumé.
- Avez-vous eu des invités dernièrement à l'étage ?
- Eh bien, non… Il y a bien eu mon oncle et ma tante... Peut-être mon oncle Emilio a-t-il fumé, malgré mes interdictions, mais j'ai tout aéré ensuite. Et cela fait un mois de cela.
- Je ne sais pas, Gloria, il y a parfois des odeurs qui persistent… qui s'introduisent. Cela m'est arrivé avec les affaires de ma femme quand elle est décédée. C'est pour cela que j'ai vendu la maison. Je me suis débarrassé de tout ce qui lui appartenait parce que je la croyais toujours à mes côtés.
- D'accord, je comprends parfaitement, Professeur Vicente, mais dans cette maison, il n'y a eu personne, absolument personne, que je sache. Enfin, les présences me laissent indifférente… bon, peut-être que… mais cette odeur de tabac… cette petite odeur horrible qui me fait tousser… bon qu'est-ce que je fais ?
- J'ai une idée, comme il y a des travaux à côté, oui, dans la maison de Justina, l'opticienne, peut-être que… c'est une idée, un ouvrier a pu venir fumer près de la maison, votre fenêtre était ouverte comme toujours – cette manie de tout laisser ouvert ! – Et voilà comment l'odeur est entrée. Après, la température assez douce s'est chargée du reste.
- Bon, n'insistons pas, venez avec moi faire les courses, monsieur le professeur si vous n'avez rien d'autre à faire aujourd'hui.
- Je serais enchanté de vous accompagner, mais j'ai un dîner avec de vieux amis que j'ai connus quand j'étais professeur à Oslo, un vrai dîner, ma chère, c'est une chose que je n'aime pas trop, mais que voulez-vous, chose promise chose due. J'aimerais beaucoup mieux dîner avec vous, juste quelques tartines grillées avec un peu de saumon, mais, on ne fait pas toujours ce que l'on veut.
Ils avaient lié amitié et entretenaient de bonnes relations qui allaient bien au-delà de la froide relation qui lie un locataire à son propriétaire.
                                                         

Gloria cultivait cette amitié avec le Professeur Vicente, quarante ans plus âgé qu'elle, mais cette différence était enrichissante, elle n'en avait jamais eu de semblable, en plus, ils s'entendaient à merveille, on aurait dit qu'ils étaient grand-père et petite-fille, frère et sœur, amis, collègues, oncle et nièce… ou tout simplement deux êtres humains célibataires qui se respectaient, ce qui est bien rare par les temps qui courent. Gloria était professeur-chercheur à l'Université de la ville et le peu de famille qu'elle avait vivait au Pays Basque, de sorte qu'elle était enchantée de trouver quelqu'un comme Vicente en plein Bordelais.
Il s'en alla et Gloria retourna chez elle comme tous les jours, épuisée par son travail, mais bien disposée à le poursuivre. Quand on vit seul, il est difficile d'oublier ses occupations habituelles, il n'y a rien ni personne pour casser le rythme. Elle était seule et l'unique personne qui aurait pu changer ou interrompre cette solitude, c'était elle. C'est comme ça. Gloria reprit son travail et s'endormit. Elle ne se réveilla que lorsque ses lunettes-loupes qu'elle utilisait pour lire lui échappèrent des mains. Elle sentit alors à nouveau l'odeur de tabac, une odeur prégnante de tabac blond. C'était une odeur subtile mais évidente, ce n'était pas du tout le fruit de son imagination. Elle fut sur le point d'aller chercher le professeur Vicente… Il allait sûrement la croire folle !... Il y avait quand même quelque chose d'étrange… Mais qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Elle prit un peu de sirop à la codéine qui l'empêcherait de tousser… L'odeur était toujours là.
Au moment où Gloria allait fermer le flacon de sirop, elle entendit des pas en haut dans la mansarde et elle pensa… terrorisée qu'en effet, quelqu'un était entré et qu'en plus il se permettait de fumer. Elle s'arma de courage et se décida à monter.
Elle pensa aussi que s'il y avait quelqu'un et que ce quelqu'un lui voulait du mal, il l'aurait déjà fait. Courageusement, elle alluma partout, toutes les lampes, et monta l'escalier vers la mansarde. Elle ouvrit la porte. Ses jambes tremblaient et son cœur battait à tout rompre. Elle aurait préféré voir quelqu'un : en effet, la salle était pleine de fumée, mais il n'y avait personne. Personne. La fenêtre était fermée, il était donc impossible d'entrer ou de sortir… Alors d'où venait cette fumée, qu'est-ce que c'était que cette fumée de tabac odorant ? Elle ne vit qu'un livre et elle lut une phrase qu'on avait soulignée. C'était une Bible protestante, pour être précis, ouverte à l'épître universelle de Saint Jude, apôtre, et les versets soulignés étaient ceux-ci : "Et les anges qui n'ont pas conservé leur primauté, mais ont quitté leur propre demeure, c'est pour le jugement du grand Jour qu'il les a gardés dans des liens éternels au fond des ténèbres." (Jude, 1/6)
Gloria resta toute pensive.


martes, 14 de junio de 2011

Quarante ans, quelle chienne de vie !


Comme je ne supporte plus les douleurs d'articulations et autres lésions propres à l'arthrose, mon arthrose est dû au sédentarisme auquel m'oblige la profession d'écrivain-professeur-chercheur, je décide de suivre une cure chez un physiothérapeute ou kinésithérapeute. J'en ai déjà parlé quelque part mais j'y reviens parce que je suis une cabocharde. Si les physio sont ceux qui procurent un peu – très peu – d'amélioration, bien hypothétique, sans solutionner vraiment le problème, ils le font quand même mieux que les neurologues – obsédés par les traitements sauvages qu'ils font endurer et qui sont à base de médicaments et d'infiltrations pour malades mentaux – sans parler des traumatologues – plus entraînés à dépecer un bovin sur la table de cuisine qu'à autre chose – et, bon, pour le moment on va s'arrêter là. Comme ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, chacun méprisant l'autre sans pour autant trouver une solution au mal dont je souffre depuis quinze ans, alors je me décide à mettre en pratique, d'une certaine manière, un conseil d'un de ces physio. Il se prend pour quelqu'un d'intelligent sans toutefois avoir le titre de médecin, disons qu'à force de voir tant de lésions, il finit par être raisonnable et écouter le client qui souffre.
Une des phrases qu'il faut bien entendre (même si en son for intérieur on se dit : "Je vais t'en foutre, moi !" en basque ou "Putain" en français), c'est : "Vous devriez abandonner la position assise devant votre ordinateur ou votre table de travail." Je me redis : "Je vais t'en foutre, moi", alors comme ça, je vais abandonner tout ce qui fait ma vie, tout ce que je fais, tout ce que je suis. N'y a-t-il pas une autre solution quand on a un cou comme le mien ? Parce que si la seule solution qu'on trouve maintenant, c'est de tout abandonner et de se consacrer au "dolce farniente", alors je n'aurais plus le moindre putain de sou pour mes recherches. (Si, si, j'ai bien dit "putain de sou", ça fait plus d'effet). Alors, vous ne servez à rien. Les savants sont capables de faire des enfants en éprouvette mais ne savent pas soigner une douleur ? La seule façon serait de réduire les personnes à rien ou de les shooter à la morphine ? Beaucoup mieux l'alcool… Putain !
Le physio ou le kiné (ici en France on les appelle "kinésithérapeute", ils sont les seuls, autorisés par la loi à faire des massages sur la partie douloureuse ou blessée) dit qu'il faut faire de la marche ou de la piscine. Je me demande toujours s'il veut que je me construise une piscine ? En Espagne on a bien une "maremagnum" incroyable, parce que, à ce que je sache, la législation s'applique à tout le monde ou bien chacun fait ce qu'il a envie de faire. Apparemment, un petit massage et puis tu te débrouilles. Mais bon, il vaut mieux laisser de côté ces idées absurdes et se concentrer sur notre sujet. Faire de la piscine. Le reste ça doit être à deviner ou pour faire un symposium chez toi, dans ton esprit plein de doutes, parce que si je lui dis à cet homme-là toute la quantité de problèmes qui s'ajoutent à son idée de "faites de la piscine", je lui bousille le moral et je lui ôte toute envie de continuer à encourager ses patients, je le déprime pour de vrai, sûr.
Je me pose un tas de questions à propos de cette histoire de piscine. Il faut dire que se poser des questions, même si ça me cause bien des maux de tête, est efficace et aide à progresser, à Madrid, ça s'appelle "bourrer le mou" ou "se prendre la tête ". Moi, pour nager, je nage, mais je nage à ma façon, très mal, comme une idiote et à chaque fois, j'ai mal partout, surtout dans la zone lombaire, ça a toujours été comme ça. J'arrive donc à la piscine et tout le monde me regarde, c'est du moins mon impression… et je suis mal, très mal. Je plonge comme si "Hier, j'avais encore 20 ans", et je me rends compte que j'ai justement abîmé la partie critique, le cou. Non, il faut descendre par la petite échelle, chose que je n'ai jamais faite parce j'ai l'impression que c'est réservé aux petites vieilles, mais vraiment décaties. Dans les piscines françaises, surtout s'il s'agit d'une piscine médicalisée, on oblige à entrer dans l'eau par l'échelle, ce qui est un bien mauvais début pour moi. Je me rends compte que, lorsque je descends par cette maudite échelle je me fais mal au pied à cause des barreaux, je suis comme un vrai phoque ou un éléphant des mers au regard du bouillonnement d'eau autour de moi. Alors, tous les gens me regardent, non par parce que je suis belle, précisément, mais parce que je ne fais pas partie de leur club.
                                           
Dans ces endroits-là, n'importe quel vieux de 65 ans et plus est un vrai robot nageur, habitué à l'eau, à la gym, il me regarde avec mépris, si, monsieur, il me regarde d'un air de dire : "Tiens, cette pouffiasse est encore venue prendre la place d'une des nôtres (de 70 ans et plus). Il faut dire qu'elles nagent toutes comme Esther Williams, en son temps bien sûr. Je commence à faire quelques brasses ou à nager sous l'eau, c'est ce que je préfère et tout de suite un moniteur vient me prévenir que dans ce genre de piscine, on n'est pas là pour s'amuser mais pour suivre une thérapie contre la sclérose et l'arthrose, il me raconte un tas de bêtises qui ne font que me déprimer encore un peu plus : "ici, on ne fait pas de plongée sous-marine, pas question, d'ailleurs ça ne vous ferait pas de bien". Bon, ça suffit, je sors de l'eau et je m'aperçois que le niveau baisse…

Après avoir fait quelques mouvements softs, tout le groupe de retraités se met à nager comme lors d'une compétition, il y en a même qui font la nage papillon pour faire la nique à la jeune génération, la mienne, bonne à être jetée au rebut. Très logiquement, en bonne méditerranéenne, j'ai froid en sortant, j'attrape un bon rhume comme je n'ai jamais eu depuis des lustres, et eux, rien, parce qu'ils sont toujours rendus chez leur toubib ou je n'en sais rien… ils sont tous en super forme… Putain !

                                                 
Après tout ça, je me connais, je ne vais pas revenir, c'est évident. Dans cette société, il faut avoir de la pitié, du respect et beaucoup de citoyenneté envers tous les âges, les petits, cela va sans dire, les adolescents, charmants, les jeunes qui s'attendent à être payés 4000 euros pour leur fin de carrière bien méritée, les adultes parce qu'ils sont adultes, les retraités, parce qu'ils sont traumatisés par leur passage à une autre catégorie sociale qui change très vite, les anciens, bien sûr. Et tous ceux qui ont quarante ans bien sonnés ? Pfuttt !!... On ne les regarde même pas. Certains n'ont pas de salaire mais ont une famille, beaucoup ont vu leur rang social se transformer à toute vitesse, ignorés par les plus jeunes qui sont plus intelligents que tout le monde, savent tout et, pauvres petits, sont mal rémunérés !... Nous non plus nous n'avons pas tout ce que nous voulons, beaucoup n'ont pas encore réglé leurs problèmes familiaux, certains en font des dépressions, d'autres en perdent leurs cheveux, d'autres paient le maximum d'impôts pour un avenir incertain, beaucoup sont malades… etc. etc. Mais il faut relever le pays et on se débrouille comme on peut à réparer les accidents de la vie, et pour cela on va voir le kiné, inutilement, probablement, mais enfin...



sábado, 11 de junio de 2011

Aller faire ses courses, en dépassant les bornes et avec peu d'argent


Qu'il s'agisse d'un travail intellectuel ou non, il existe des choses dans la vie quotidienne dont personne ne saura nous délivrer, absolument personne et en général ces choses nous conduisent au monde pratique et terre à terre après une journée de réflexion. Pour moi, après avoir écrit et philosophé – par obligation et non pas par plaisir – je retourne toujours à ce monde pratique avec un certain soulagement. Ce monde quotidien, s'il est parfois un monde de haine peut aussi parfois être un havre de paix, cela permet de remettre les choses en place, d'atterrir et de débarquer de ses nuages. Etre mère ou être à la tête d'une famille n'est guère compatible avec les travaux intellectuels, c'est sûr. Il nous faut penser autrement et tout va bien ! Bon. Après cette courte préface, je passe au thème du jour, sans autre transition.

Aujourd'hui c'est le jour des courses, ça n'a rien d'extraordinaire, au fond. Ce qui est extraordinaire c'est que ça arrive toujours quand on n'est pas dans une super forme et ce jour-là précisément j'ai décidé de faire une cure. Malheureuse ! Je prends le temps de me regarder un peu plus longtemps dans la glace, ce n'est pas si fréquent, je me rends compte que je ne suis qu'une boulimique invétérée, je mangerais n'importe quoi, je mange goulûment tout ce que les autres ont laissé dans leur assiette. Je m'aperçois que des bourrelets apparaissent, je ne peux plus mettre les jeans dans lesquels j'étais si bien, je dois prendre la taille au-dessus pour le soutien-gorge, je suis fatiguée de manger tant de cochonnerie, je finis par me fâcher avec la voisine et ses 'chorizos" que je dévore avec envie… bref, je me dis à moi-même : ça suffit ! Ça commence aujourd'hui. C'est une décision irrévocable : à partir d'aujourd'hui, je me réserve du temps pour moi ! Dommage ! C'est juste le jour où il faut aller faire des courses pour un régiment. L'horreur commence.
J'ai décidé de ne pas aller dans les grandes surfaces parce qu'on ne sort jamais avec ce qui était prévu. La liste de provisions ne correspond absolument pas à ce qui se trouve dans le caddie !

Je laisse tomber la grande surface et je vais dans ce supermarché de toujours, plus petit, sans ces immenses rayons colorés disposés de telle façon que tout compte fait on prend de tout. Non, non, là, ce sont des supermarchés plus personnalisés, les promotions sont à portée de main, encore heureux ! Parce que dans les grandes surfaces, On est toujours accroupi près du sol. Pourquoi ? Parce que c'est toujours dans le rayon du bas que sont les prix les plus avantageux. Un calvaire pour les lombaires. Bon, rien qu'à voir le prix des fruits ou des légumes je n'ai plus aucune envie de continuer le projet de diète que je voulais étendre à toute la famille, parce qu’évidemment, il n'y a pas de raison… n'en parlons plus. Combien de kilos de bettes dois-je prendre pour six ? Dire qu'avec des pâtes et des steaks le tour est joué en un rien de temps. Ça commence mal. Les fruits que je préfère sont à des prix exorbitants… Que faire ? Les seuls que je puisse acheter ce sont ces fameuses et horribles pommes. Bon, je continue. De la viande, des baguettes… Oh ! Ce pain allemand que j'aime tant au petit déjeuner… Voyons pour le petit déjeuner : des céréales – mais pourquoi vais-je aller prendre des céréales alors que le pain auquel on est habitué nous va si bien avec un peu de beurre et de confiture ou bien un peu d'huile et de la tomate. D'accord, pas de céréales. Je prends du pain. C'est vrai que ça fait grossir... Du lait. Je ne supporte pas le lait écrémé et c'est absurde j'ai déjà pris six plaquettes de beurre et autant de fromages. Ici en France, c'est un vrai plaisir. Bon, pas de lait écrémé. En fin de compte je vais prendre les céréales parce que toute la famille n'est pas obligée de se plier à mes manies… Cela fera bien dix euros de plus. De la salade, beaucoup de salade, mais alors, avec des tomates il m'en faut au moins pour toute une armée, tout ça, ça ne fait pas grossir, à moins qu'on y ajoute beaucoup d'huile pour y tremper le pain, c'est justement ce que je fais avec la salade de tomates, c'est évident. Des frites, c'est tellement bon et comme je suis dans un triste état, ça va nous faire du bien… Je prends des frites, sept ou huit kilos. Ma mère dit toujours qu'avec des œufs et des pommes de terre en cuisine il n'y a jamais de soucis… nostalgie… la petite larme, pendant qu'on entend Shakira en fond sonore. Etre la seule étrangère c'est parfois drôle. Un monsieur s'approche de moi et me demande si je m'y connais en pastèque. Voyez-vous cela ! Je lui dis que non, pas tellement, mais je peux lui parler de Borges, de Pablo Neruda ou de Machado, s'il veut, ou encore de Lorca ou de Spinoza. A la fin, je lui dis que moi, avant de choisir un melon je lui parle. Il croit que bien entendu qu'étant espagnole je suis toujours aux fourneaux. Ça va devenir vrai.
                                                
C'est le moment de passer à la caisse, j'y arrive peu enthousiaste, vraiment. Il y a des jours où mon énergie surmonte tout et tout le monde, et je m'en irais bien sans payer, mais aujourd'hui, non, aujourd'hui c'est un de ces jours où tout va mal et le pire c'est que ça se voit. Derrière mon énorme charriot il y a dix personnes. Je crois être en Espagne où les gens sont fous et font toute une histoire si on ne se presse pas, mais je me rends compte qu'on est en France et les gens sont d'une patience extrême. Je me presse pourtant mais je stresse, je m'énerve en voyant tous les gens qui attendent et je commence à tout ranger de manière absurde, je fais n'importe quoi, j'entasse les salades – c'est ce qu'il y a de pire – avec le Roquefort au fond du sac, les yaourts par-dessus, un jus d'orange à moitié renversé, le papier d'aluminium fripé. Je range les sacs n'importe comment et donc tous mes achats sont abîmés. C'est un rangement de femme énervée, schizophrène plutôt. Voilà ce qui m'arrive surtout quand j'essaie de ranger cette immense plante qui n'entre pas dans la voiture. Elle était à bon marché, je n'en ai absolument pas besoin mais je l'ai achetée. La plante m'avait parlé dans le supermarché, si, si, les objets, les végétaux parlent, que voulez-vous ? Je sors comme je peux, je range tout dans le coffre plutôt mal que bien. C'est alors qu'un petit crâneur vient se ranger à côté de moi avec sa décapotable, il me toise, histoire de m'impressionner. Je n'ai jamais été impressionnée ni par un homme ni par une femme – bon, une femme, peut-être – pour une question de voiture. Je m'en fiche complètement. Ce jeune homme ou ce joli-cœur ne se rend même pas compte que je m'en fiche. Aujourd'hui c'est plutôt mes bourrelets qui me préoccupent le plus, mes plis, ma cellulite et pouvoir manger ce qui me plaît sans trop faire de sacrifices. J'ai décidé de ne pas me créer plus de problèmes qu'il ne faut. J'ai décidé que je préfère continuer à écrire pour raconter ces choses comme je le fais en ce moment, n'est-ce pas mon ami, parce que c'est cela qui compte. Je me souviens du triste temps où j'étais maigre mais très maigre (cela n'a pas duré longtemps parce que j'étais malheureuse) et où je me suis mise à cuisiner... eh bien me voilà maintenant entre mes livres et mes casseroles, je crois que je me trouve bien. Ouf ! Encore heureux.



jueves, 9 de junio de 2011

Panne de voiture


Etre une femme dans la société actuelle ? Mais c’est fantastique. Ce qui jusque-là était un véritable calvaire dont on se remet à peine, a parfois son côté positif. Il faut avoir un peu ou même beaucoup d'humour dans la vie. C'est toujours indispensable. Et avoir une panne de voiture aujourd'hui revient au même qu'il y a quarante ans, je veux dire qu'on a toujours affaire à l'expert super-macho qui va faire montre de toute sa nature masculine. Il faut voir ça ! Je profite de l'occasion évidemment pour étudier l'homme sous ses traits naturels, je veux dire que j'ai là une occasion de faire mes petites observations. Quand on a un problème de voiture, le mieux est de faire l'idiote et de dire quand les voyants du tableau de bord s'allument :
- Je ne comprends pas, tous les voyants sont allumés et ça fait un drôle de bruit… J’imagine que ça doit venir de l'embrayage, je ne sais pas si je peux continuer comme ça. Ceci dit, surtout le coup de l'embrayage, on se sait d'une inutilité totale et d'après les regards des uns et des autres qui s'entrecroisent, on comprend qu'ils se demandent bien sur qui ils sont tombés. C'est tout à fait cela, à dire vrai, l'histoire de la mécanique nous est complètement étrangère à nous les femmes et, en plus, cela nous amuse de mettre sur le gril ceux qui s'y connaissent vraiment. Cela nous rappelle le quotidien, c'est vrai que l'on trouve très important de ranger les armoires, nettoyer la salle de bain et faire la cuisine. On dirait que nous sommes les seules à nous rendre compte que tout est en ordre. L'homme, lui, trouve toujours que c'est sale, qu'on laisse des taches partout ou bien, la phrase fatidique : "je ne vois pas où est le problème", et nous voilà seules au monde devant nos histoires de tâches ménagères. C'est bien ça, les femmes et leurs problèmes de ménage et eux qui s'amusent beaucoup de nos insinuations mécaniques.
Ceci dit, il y a généralement deux attitudes, se rendre à une station-essence classique où avec un peu de chance, on peut trouver un ou deux routiers pour nous aider, ou bien, aller directement à un garage connu de tous comme Renault, Citroën ou Peugeot, même si je sais bien que la note va être salée.
En Espagne, il y a l'intermédiaire, le garage de quartier, mais, bien entendu, il faut le savoir. Les deux pays là-dessus sont différents, c'est clair. En Espagne, ça coûte deux fois moins cher pour la réparation et, selon les pays, la garantie est la même. Les Français, eux, c'est une autre paire de manche. En général, comme je l'ai déjà dit, je crois, ce sont des experts, d'ailleurs, ils sont tous nés comme ça, ils savent tout. Il faut d'abord demander un "rendez-vous" pour expliquer ce qu'a la voiture, ensuite, ils annoncent le prix, le devis classique, puis on fixera un rendez-vous avec la voiture et là, c'est la douloureuse, mais le travail est fait. Ce qu'il y a de sûr c'est qu'une fois la panne réparée, on te sape le moral en t'annonçant tout ce que tu dois réviser par la suite, parce que tu ne l'as pas fait à temps et que c'est obligatoire. Par exemple, les pneus, incroyablement usés ou bien la vidange, c'est vrai que je m'en fiche comme de ma dernière chemise, ou bien je me fais réprimander parce que je n'ai pas mis l’attestation de l'assurance de l'année au bon endroit. On va me faire également la remarque de la jauge – tout un monde pour moi – du réservoir du lave-glace qui est à sec, du lavage de moteur. Déprimant !
Ils le font tous les combien eux le ménage à la maison ?
Le terrible dans tout ça c'est que je me demande pourquoi la majorité d'entre eux ne voient pas en quoi c'est nécessaire de faire le ménage. Il y a ce qui est essentiel et ce qui est accessoire. La mécanique fait partie de l'accessoire parce qu'on a beau avoir quelques notions, ça ne sert à rien, il faut y aller de toute façon. Où ? Eh bien au garage des experts, pardi. Ils sont là pour ça, sinon ils n'ont plus aucune raison d'exister. Que ferait-on en France si on n'avait pas tous ces experts ?
En Espagne, on sait bien que ça ne fonctionne pas comme ça. On s'adresse habituellement à un garage. On parle au patron qu'on croit connaître depuis longtemps parce que tout le monde se tutoie dans ces cas-là. On dit donc à Javier – ils s'appellent tous Javier – ce qui se passe, c'est important de parler de l’embrayage parce que ça donne toujours l'air de s’y connaître et ça marche. On va sans doute parler de la courroie de distribution qui est toujours hors d'usage, je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça, une vue de l'esprit comme une autre ou alors pour ne pas être en reste, on dit qu'il faudra faire une révision, au garage d’origine, parce ce sont des choses très compliquées, il y a toujours un problème d'informatique, bien entendu. On se rend compte alors que ce n'est plus une voiture mais un vrai Boeing. Il ne s'agit plus d'embrayer, d'accélérer et de mettre la musique à fond, après réglages des rétroviseurs pour se regarder un peu dans la glace, non, c'est maintenant un tout nouvel avion qui va décoller. Saperlipopette ! Javier, un habitué des commentaires féminins ne s'étonne de rien et dit : Oui, oui, je vais régler la boîte de vitesse, il dit ça d'une voiture automatique ! "Laisse-nous ta voiture, ma belle et reviens la chercher plus tard, hein ?" "Ah bon ! Merci beaucoup, dans combien de temps puis-je revenir ?" Et Javier répond : "Tu n'as pas de courses à faire par là ? Bon, disons dans deux petites heures." Malédiction ! C'est peut-être moins cher qu'en France, mais ça revient au même parce qu'on va dépenser une fortune à faire du shopping. Les "rendez-vous", au fond, sont préférables, on laisse la voiture au garage, en échange on nous en donne une autre, sinon, on reste là à bâiller comme deux ronds de frites… et on dépense !
Un des avantages de la confiance c'est la pitié. Personne ne s'étonne, à voir l'état de la voiture remplies de boîtes de coca-cola, de centaines de cd hors de leurs étuis et de tout un bric-à-brac, ni même du fait qu'on ne voit pas par les vitres, soit dit en passant, ça ne change rien, parce que c'est moi qui nettoie les carreaux de la maison, je suis habituée et je suis bien placée pour savoir que ça ne sert à rien, j'ai une bonne vue , je suis encore jeune et je suis une femme, alors je maîtrise la situation.
L'autre jour, j'ai voulu mettre ma voiture à laver – en France – dans une station mais on m'a dit par téléphone qu'il fallait d'abord qu'ils la voient, ensuite, ils fixeraient un prix c'est-à-dire qu'ils feraient le devis puis enfin qu'ils pourraient la laver. J'y suis allée, c'était incroyable parce que ma porte avant était bloquée et j'ai dû sortir par la porte de droite. Bien entendu, j'étais en robe et j'ai dû faire tout un cinéma – tout en voulant être discrète. Déjà voir sortir la conductrice par la porte du passager, ça les a passablement surpris. Dès qu'ils ont remarqué mon fort accent étranger, ils m'ont dit qu'ils voulaient d'abord inspecter la voiture. En combien de temps ! J'ai tout de suite vu que son cœur faisait des bonds quand il a ouvert les portes et qu'il s'est rendu compte de la situation. Il devait d'abord arranger la porte avant de faire le nettoyage. Le devis montait à 193,25 €, un rien ! J'en bavais de plaisir de penser qu'enfin quelqu'un allait nettoyer ma voiture, mais, à ce prix, quand même ! Je sais bien que c'est nickel, mais, enfin… Ouf ! Bon, monsieur, je vais d'abord venir et vous arrangerez ma portière, hein ! Ensuite, je rappellerai pour avoir le devis et enfin, je viendrai avec la voiture (en France, la voiture est au féminin !). Très bien, madame. Je suis remontée par la porte du passager devant tous ceux qui étaient là et qui me regardaient, étonnés. Moi, tranquille comme Baptiste.
Bon avec tout ça, je m'aperçois que les hommes sont de vraies commères et des malins qui font des commentaires sur l'état de ma voiture sans qu'on leur ait rien demandé mais, il faut les laisser faire, c'est comme ça qu'ils s'épanouissent et qu'ils se réalisent. Aider une fille, une femme ou une dame à régler les problèmes de voiture, ça les rend plus humains, ils se rendent utiles devant les autres, peut-être pour la première fois de leur vie, il faut les encourager.



Lee y piensa: samaritano o fariseo ¿qué eres?

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Los libros sagrados siempre me han interesado en grado extremo y es por ello que mis reflexiones sobre la vida alcanzan también a una de la...