viernes, 18 de noviembre de 2011

L'Espagne des Français







Les hommes politiques, généralement par intérêt, nous endorment tous, nous gavent d'opium pour qu'on ne se rende compte de rien et que l'on continue à croire que "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil". Pour parler concrètement je fais allusion à l'importance que nous avons en Europe, à entendre nos hommes politiques, nous sommes indispensables et l'Europe ne pourrait pas se passer de nous. Mensonge, bien entendu.
Le seul intérêt que l'on montre à l'extérieur et ici, je ne vais parler que de la France, notre voisine et des Français avec leur baguette et leurs habitudes, c'est qu'ils apprennent l'espagnol. Peu importe si c'est l'espagnol d'Espagne, du Mexique ou d'Argentine. Ils apprennent l'espagnol et, attention, ils l'apprennent "par écrit", c'est de la traduction littérale, c'est-à-dire qu'ils apprennent à traduire, à passer un thème, une idée ou une information de l'espagnol à leur langue française, si riche. Les plus avancés qui ont fait des études en espagnol, ont étudié la culture, la civilisation coloniale, ont fait des versions et des thèmes, tout un tas d'exercices pour pouvoir traduire. Normalement tout est fait à partir des lectures d'auteurs latino-américains, ils étudient aussi la culture et la civilisation latino-américaines. Picasso est français, comme Christophe Colomb, ce sont leurs seules références. On n'étudie absolument pas la guerre d'indépendance, Nadal n'est qu'un gamin prétentieux qui se dope et est toujours sur les pas de Federer… nous sommes des bornés avec nos corridas, nous faisons des siestes interminables et nous passons des heures et des heures à nous amuser. (Signe d’intelligence, evidement.)
Ils n'arrivent toujours pas à comprendre et ils ne comprendront jamais pourquoi nous vivons beaucoup à l'extérieur, ils ne comprendront pas non plus pourquoi nous avons un roi dont on ne sait pas à quoi il sert – c'est normal car moi non plus je ne comprends pas –. Après une si terrible dictature, la majorité des Espagnols ont dû fuir vers les terres françaises et ont perdu leur langue pour des générations. Personne n'engage la conversation en espagnol, nulle part, même si on commence à apprendre l'espagnol dès douze ans. Il faut dire que les Français sont très timides, ils font des ébauches, ils s'escriment (du verbe s'escrimer !!!!) chaque fois qu'ils sont dos au mur, et ça alors qu'ils ont 8 ou 9 ans d'espagnol, total, ils ne savent rien. Ah ! Ça oui, ils sont capables de traduire n'importe quoi dans leur langue, ce qui veut dire avec toutes les particularités d'une langue, quand tout l'esprit de l'information peut changer radicalement, est-ce que je m'explique bien ?
Seules quelques boutiques Zara (galiciennes) sont connues dans toutes les villes et quelques produits de nos jardins comme les aubergines, les piments et les courgettes. Il y a des melons espagnols et ce sont les mêmes qu'en Espagne, on les appelle les melons français, il y a de grosses fraises qui viennent de Huelva, mais les régions qui cultivent les fraises vendent les leurs d’abord. Pas de bananes des Canaries (celles qu'on trouve viennent des nombreuses îles qui appartiennent aux Français), pas de tomates (elles viennent du Maroc). Les chanteurs (pour les jeunes) sont tous latino-américains, sauf Enrique Iglesias (parce qu'il parle français) et son père a débroussaillé le terrain à son époque, ils connaissent aussi Alejandro Sanz et, l'autre jour, un connaisseur m'a parlé de Luz Casal, mais c'est bien peu.
L'huile d'olive si connue et si exportée, encore un autre mensonge, je n'ai jamais trouvé d'huile espagnole sauf chez Lidl) toute l'huile est grecque ou turque, ils n'ont absolument pas besoin de nous. En littérature, ils ont tout ce qu'il faut. Saramago n'a pas besoin de venir raconter la Bible en vers parce qu'ils ne le connaissent absolument pas, à la rigueur, ils connaissent quelques bestsellers catalans. Almodóvar est connu, très connu, parce qu'ils se font la même idée du cinéma que lui. Faire une exposition à Paris devant trois ou quatre petits prétentieux sur le cinéma d'Almodovar et faire en sorte qu'on se découvre sur son passage, ce sont des choses bien différentes. (Maintenant que j'y pense, j'en suis morte de rire.)
                                             
Mais notre présence invisible se fait dans les boutiques Duty-free ou les boutiques de vente internationale. Là les parfumeurs américains se battent contre des Français invincibles car ce sont eux qui occupent la majeure partie des stands. Les marques de tabac ne sont pas espagnoles, ni les boissons, ni les chocolats, ni les parfums, on avait pourtant la maison Gal, Joya, Maja aussi anciennes que les marques françaises mais elles se perdent dans la nuit des temps. Jesus del Pozo, Roberto Verino et Vittorio y Lucino luttent encore mais personne ne sait que ce sont des Sévillans ou bien qu'ils créent à Séville. La gamme de maquillage revient entièrement aux Français ou aux Américains. Ils ont réussi à supplanter la marque anglaise Max Factor – qui est en train de disparaître, c'est clair – et Margaret Astor qui était espagnole, je crois.
D'Espagne, rien sauf les Duty-free canariens avec leurs files d'étrangers. Un peu de turrón, mais pour les Français c'est banal, ça n'a rien à voir avec leurs macarons qui sont le nec plus ultra, et même s'ils aiment ça, ils diront toujours qu'ils ont quelque chose d'équivalent. Pourquoi iraient-ils faire des louanges à leurs voisins ! Les frites sont une invention française, les sandwiches – qu'on appelle en Espagne bocadillos – nous ne savons pas les faire parce qu'ils sont secs et pleins de sauce. En ce qui concerne la cuisine on n'a pas grand-chose à leur apprendre, la cuisine française avec ses grands chefs ! Tout le reste est archi ordinaire et assez gras. Comment un gamin peut-il prendre un goûter salé ? Il n'y a qu'en Espagne… Ils sont fous ces Espagnols ! On n'arrête pas de brailler comme les Italiens ou comme les matrones marocaines, on braille, on braille mais de discipline, point. (Je dis ça pour les mères qui m'entendent !)
Le jambon "serrano" est bien accueilli, mais on n'en trouve nulle part. Le bon chorizo, beaucoup pensent que ça se prononce et ça s'écrit "korizó", eh bien, même ça, ils le font aussi. Il faut voir ce qui se passe après… mais peu importe, c'est le pays de la gastro-entérite, du pur porc, c'est moi qui vous le dis. La paella, ils en font comme n'importe quel plat, on a beau leur dire : Eh là ! Attention, on est là nous les Espagnols, mais non, ça ne fait rien, de toute façon beaucoup ne savent même pas que c'est un plat espagnol. La paella est pour eux comme le "taboulé", ils en font tous les jours, ils en trouvent dans les supermarchés, signe qu'ils ne sont pas racistes. Une chose horrible par exemple c'est qu'ils mettent du chorizo dans la paella. Cela veut dire qu'ils n'ont jamais mangé une vraie paella, ils en entendent parler et on en vend chez Carrefour avec du chorizo et des moules, tout ça ensemble. Quelle horreur ! Quand on leur dit que la paella ce n'est pas ça du tout, ils regardent d'un air de dire : "celle-là, elle veut se faire remarquer ou quoi ?" En général, ils n'ont rien à découvrir parce qu'ils ont de tout, dans un pays où il faut sans arrêt réaffirmer le pronom personnel "je", "je" partout. Je veux ça, je suis horrifié, j'atterri, je, je, je… ça ne m'étonne pas qu'ils aient des problèmes de psy et qu'ils aient un sentiment de supériorité. Les plus libéraux que je connaisse – quelques aristocrates ou des professionnels qui parlent toutes les langues à cause du commerce international – sont ceux qui applaudissent quand je mets en évidence toutes ces différences entre nos deux pays. D'autres disent, tu as raison, nous sommes exactement comme ça, mais ils prennent ça mal et ils m'en veulent terriblement.
Un exemple veritable est d’un jeune musicien espagnol (sans se dopper comme Nadal, hi, hi, hi) qui pour utilicer les manières espagnols dans sa vie artistique, a été viré des institutions publiques. Ce un parti de sa biographie, parce que maintenant il est devenu membre de la Royal Academy of London, accuelli dans le Conservatoire de Berlin, élève du meilleur prof russe de violon à Madrid…il fait des concerts dans toute L’Europe et commence à enregistrer sa musique. Tant pis !!
                                                        
Bref, l'Espagne, qu'elle soit petite, mignonne, sainte ou pas n'a aucun intérêt pour eux, ils s'en fichent complètement. Elle n'existe pas, ils font pourtant tout pour la faire connaître en donnant sur nous des informations complètement rocambolesques. Ça me fait de la peine, mais tout peut changer et ça va changer, en tous cas, nous sommes là pour ça. Paco de Luciiiia!!!! Qui est-il?

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