jueves, 10 de noviembre de 2011

Toubibs agressés




Cette semaine on a ressorti dans les médias français que le Conseil des Médecins se défendait, statistiques en mains, des agressions que les médecins reçoivent chaque jour.
Cela n'est pas étonnant car lorsqu’il s'agit de santé, on a l'impression que tout le monde est médecin et on a une pensée sur tout et partout, sans l'ombre d'une quelconque pitié. D'après les statistiques, les agressions augmentent de manière incroyable d'une année sur l'autre et les généralistes en particulier sont agressés sauvagement tous les jours, non seulement verbalement mais ils gardent encore sur leur visage ou leur corps des traces de quelques coups. Tout cela, en dépit du haut niveau de civilisation qui existe en France. Les raisons ? Il y en a beaucoup mais le plus souvent les gens considèrent qu'il faut trop de temps pour avoir un rendez-vous, le temps d'attente est trop long, les familles sont énervées dans la salle d'attente, la résistance de beaucoup de médecins à mettre le patient en arrêt de travail pour n'importe quel motif.
En France et selon les spécialités, il faut attendre trois ou quatre mois pour obtenir un rendez-vous, mais ceci n'est pas la faute des médecins, beaucoup d'entre eux ont du mal à supporter ces consultations de masse. Etre médecin en France est très difficile, c'est beaucoup de travail et quel travail ! C'est la même chose en Espagne car pour être spécialiste il faudra donner douze années de sa vie, douze années d'études importantes. La différence entre les deux pays c'est le salaire, évidemment. Les médecins espagnols ont le même système que les médecins anglais. Ici en France, ils sont beaucoup mieux rémunérés, je dirais qu'ils sont mieux considérés et mieux reconnus, même si on ne fait cadeau de rien, ils forment le gros de ceux qui paient des impôts, ils paient à la place de ceux qui ne paient pas, beaucoup l'ignorent. Il faut donc payer et supporter ces consultations de masse, il faut supporter les commentaires des patients, beaucoup croient tout savoir, d'autres viennent avec leurs petites phrases du genre, "vous avez bien mauvaise mine, docteur, vous allez bien ?" Ce qui vous plombe un moral même d'acier. Le contact permanent avec les patients entraîne un risque de contamination. Il faut faire bonne figure et supporter ces situations cocasses.
                                                                  
Ce genre de situation pourrait fait l'objet d'un tournage ! La plupart de ceux qui créent un scandale sont des retraités ou plutôt comme on dit ici, des 'gens à la retraite'. Beaucoup de ces personnes âgées n'ont plus de soucis, leur avenir est derrière eux. Conscients d'avoir tout supporté pendant leur vie, ils en oublient l'éducation et les bonnes habitudes, ils passent un peu les bornes. Ils veulent tout et tout de suite. Ils n'ont aucune patience, ils n'ont rien à faire de toute la sainte journée, mais grignotent des places dans les queues, dans les magasins, dans l'administration, partout… ils se croient au-dessus des lois, ils font tout un cirque pour rien, font leurs commentaires tout haut, menacent de leur bâton si l'occasion se présente.

Un de ces vieux commence à échauffer la salle d'attente par un commentaire du genre : "On dirait qu'il y a du retard, aujourd'hui." Ceci dit d'une voix forte tout en regardant au plafond. Cela s'appelle faire ses coups en douce… La réponse surgit tout de suite du chœur des patients : "Que peut-il bien nous dire que nous ne sachions déjà" ou bien, "c'est toujours comme ça, ici", phrase d'un habitué des salles d'attente et qui reconnaît le retard mais de manière toute relative.
Très vite, un autre va dire : "On n'a pas le droit de nous traiter comme ça, j'ai autre chose à faire." Inutile de dire qu'il n'a fichtre rien à faire, absolument rien, ou seulement aller comme tous les matins à onze heures précises acheter sa baguette de pain. Un autre malin dit : "Après, on vous ausculte à toute vitesse" ou bien "c'est vrai, ça, et à quel prix !" Soudain, une patiente vient d'arriver et on l'appelle car elle est la première sur la liste… et le ramdam commence. "Dites, vous venez d'arriver et nous ça fait un bon moment qu'on attend." – "Peut-être, mais c'est mon tour, vous n'aviez qu'à venir à l'heure, je travaille, moi…" Et ça n'en finit pas. Si le médecin s'occupe de quelqu'un et qu'il va trop vite, parce rien qu'à le voir il a tout compris, eh bien-là, tout faux, il va trop vite, s'il traîne, raffut…
- "Bon sang ! Je ne voulais qu'une ordonnance" dira-t-il. Quand on doit aller en consultation parce qu'on est souvent malade et qu'on ne va pas prendre un arrêt à chaque fois qu'on attrape un virus, il faut bien supporter, on ne va pas ordonner un arrêt de travail comme ça, juste pour satisfaire un fainéant et en plus sous la responsabilité du médecin, non, pas question.
Les arrêts maladie c'est uniquement en cas de réel besoin. Mais ça les patients ne le comprennent pas et font toute une histoire si on ne leur en accorde pas un. Ils s'énervent aussi si le diagnostic ne leur paraît pas bon ou si on leur dit qu'il faut une opération pour résoudre le problème. Ils ne l'acceptent pas non plus. Si jamais il y a une urgence pour une raison ou pour une autre, que quelqu'un passe devant eux pendant qu'ils attendent, ce sont d'incroyables contestations, et cela, tous les jours, parce qu'il y a tous les jours des urgences, et celui-là doit être vu immédiatement, c'est un travail d'équipe et le médecin est responsable. En cas de complications, on pourrait le lui reprocher : non assistance à personne en danger. Il y a même des gens parmi ces protestataires de la salle d'attente qui seraient capables de témoigner au cas où le nouvel arrivé viendrait à mourir. Ils diraient que c'est la faute du médecin qui n'a pas réagi assez vite. "Oui, oui, il faut lui mettre une amende à ce médecin qui se fiche de tout et qui ne s'occupe même pas de ses patients." On trouve de tout dans les vignes du Seigneur, ça c'est sûr.
                                                    
Les plus agressés physiquement sont les psychiatres, vous allez me dire que c'est normal, en réalité, les malades ne se contrôlent pas, c'est bien la raison de leur présence chez le psy. Et les urgentistes ? Ce n'est pas très agréable de se voir crier dessus, personne n'aime ça. Personne n'aime non plus voir toute la misère du monde, les mères qui ne s'occupent pas de leurs enfants. Elles les amènent à la consultation couverts de poux et très mal habillés. Des milliers de situations toutes aussi grotesques les unes que les autres. Les petites odeurs, et j'en passe, font partie du quotidien du médecin. Imaginez un peu ce patient qui vient dire : "Docteur, j'ai des démangeaisons aux parties génitales." Allez savoir ce qu'il va découvrir ! Une voix d'outre tombe se fait entendre :"Terre, ouvre-toi" c'est la première chose qui vient à l'esprit du pauvre médecin qui doit aussitôt passer à l'observation. Horreur, mieux vaut ne pas inviter son ami-médecin, ce jour-là, il ne mangera rien. Avant d'aller voir son médecin, le plus habituel est de se laver, même les gens les plus humbles savent ça. En fait, c'est loin d'être le cas.
Le traitement, c'est encore autre chose. La majorité des gens savent tout, ils ont lu le prospectus pharmaceutique et décident seuls de ne pas le prendre. Le patient a toujours plein de solutions, il arrête le traitement parce qu'il y a beaucoup d'effets secondaires ou bien il ne le prend pas tout de suite et va voir un autre médecin… Et ainsi tous les jours. C'est comme ça. Aller voir son médecin, aujourd'hui veut dire aller tout critiquer systématiquement. Logique. On sort de chez le médecin avec un problème qui le plus souvent n'a pas trouvé de solution. On veut un autre rendez-vous parce qu'on veut faire une révision et on l'obtient trois mois après. Le désespoir est total. De toute façon le système est comme ça et il faut chercher les responsables plus haut dans la hiérarchie, parmi les hommes politiques ou les administrateurs, mais non parmi les médecins.

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