viernes, 20 de enero de 2012

Les soldes que je me paie et l'atroce consumérisme


Cette semaine, les soldes ont commencé et à vrai dire c'est toute une aventure. Des regards vengeurs, de sales regards, on dirait de véritables couteaux tranchants, des pas guetteurs, des couteaux brandis, des coups de coude affreux, des croche-pattes… une queue sans fin pour parvenir à avoir cette pièce de vêtement qui est bien meilleure que l'autre, à bien meilleur prix. Je me jette oui ou non ! Voilà ce qu'on semble dire. Les voitures arrivent sur le parking comme on arrive pour voir un match de boxe. Je me lance, je me lance ! Il est évident que la grande partie de tout ce qu'on présente en soldes sont des objets inutiles, en réalité ce ne sont pas des affaires de première nécessité, elles ne sont pas nécessaires mais elles sont attirantes et soudain elles apparaissent devant nos yeux comme indispensables. C'est cela le consumérisme.
On dépense nos cent petits euros de rigueur et on s'en retourne à la maison tout content. Des nappes, des rideaux vert pistache qui vont bien aller dans le salon, un verre mignon comme tout, un grand serre-tête qui ensuite me serre les oreilles, un foulard bien pratique à la mai 68, un parapluie qu'on va oublier à la première visite, un soutien-gorge de rechange mais comme je ne me rappelle pas si c'est la taille A, B, C ou D, je prends les quatre, j'aurai bien l'occasion de les échanger, ces bottines de cuir qu'on a du mal à porter et qui vont rester neuves jusqu'à l'année suivante, des boucles d'oreille, un t-shirt, un autre t-shirt, un pull-over, un autre à col roulé qui me va très bien, une brosse à cheveux parce que l'autre est pleine de pellicules, un déodorant parce qu'ils ont baissé le prix et ne vaut plus que 35 euros, un châle, un porte-monnaie à un prix incroyable, in-croy-able, un pyjama en soie, ça me donne des frissons, mais tant pis, je dois le prendre parce que je n'entre plus dans l'autre, un pyjama en coton, c'est ceux-là que je prends d'habitude, des pantoufles, une autre paire parce qu'elles sont aussi à des prix tels que j'en prends deux paires, un tablier hypermoderne, une vidéo parce que je ne vais pas souvent au cinéma, quelques cd parce qu'avec cette histoire de Droits d'auteurs, on nous a piqués tous les autres… tout un tas de choses complètement inutiles. A grands coups de coude, j'ai piqué une blouse à une dame d'à-côté qui la voulait aussi, c'est moi qui l'ai vue la première, bon sang ! C'est pire que le far-west ! Je dois rapporter une blouse à ma belle-mère, en plus d'un équipement aérobic. On est tous très modernes.
En fait, la plupart du temps, les soldes ne sont pas bien terribles, vu que les prix de départ étaient incroyablement élevés, il est évident que n'importe quel petit rabais le ramène en fait au prix initial, mais ça paraît une super occasion. En Europe et tout particulièrement en Espagne, depuis qu'on a changé la pésète en euro, on subit un véritable vol à main armée continu et on ne s'en rend pas compte, mais la différence de valeur est telle qu'on a l'impression de profiter d'une manne tombée du ciel. Attention, ce n'est pas une blague. Le type de l'acheteuse compulsive est en général celui des femmes à problèmes, moitié dépressives qui vont devoir hypothéquer leur maison et devoir annuler les cartes et les comptes bancaires. Attention, le problème des commerçants n'est pas de savoir ce qui vous arrive après les soldes, leur problème est de vendre à tout prix…



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