Personas que visitan este blog

Marie au tout début


La figure de Marie, la mère de Jésus-Christ, a été vénérée en Espagne et en général dans les pays catholiques pour toute une série de raisons qui remontent aux débuts du christianisme et à la tradition, la transmission et l'interprétation des Ecritures, tout en comprenant bien que probablement certains documents ont existé mais ne nous sont pas parvenus ou ont été "occultés" bizarrement, sans toutefois expliquer certains courants et tendances du christianisme d'aujourd'hui.
En Espagne, on prie la Vierge, on lui attribue des confréries, des associations, on la chante, on lui crie "ma belle", on en fait un mythe vivant qui pour beaucoup, vu de l'extérieur, est assez incompréhensible. Même si les femmes dans l'antiquité, et d'après ce qu'on comprend dans les Ecritures, ont tenu un réel pouvoir de prophète et même de commandement assez significatif, on ne leur a jamais prêté beaucoup d'attention, mise à part leur vertu. Pour la tradition, les femmes dans la religion sont vertueuses ou ne le sont pas, mais c'est tout, elles ne sont pas honorées pour autre chose. La spiritualité et la vertu de la femme va de paire avec son célibat, l'abstention totale des plaisirs de la chair et sa capacité sans réserve aux qualités divines et sacrées d'avoir des enfants. Etre vierge ou ne pas l'être est en lien direct avec cette idée de la maternité. Cependant, s'il y a plusieurs types de vierges, la grande majorité – selon les traditions hispaniques – ont fait quelques miracles et pour cela sont devenues des saintes. Les miracles réalisés n'ont rien à voir avec leur condition de mère, elles sont mères pour l'humanité parce qu'elles accordent des miracles et donnent – apparemment – une réponse aux demandes des fidèles mais ne répondent jamais à leur condition spirituelle et divine de donner la vie, de créer la vie. Il y a sans doute des exemples dans l'Ancien Testament de l'intelligence et de l'influence féminine mais uniquement dans les décisions liées à l'Homme, de sa capacité à transformer la foi en quelque chose de pratique. Ceci a été une cause de division chez les chrétiens, sans aucun doute.
Le protévangile de Saint Jacques qui s'inscrit dans ce qu'on appelle les Evangiles apocryphes, a une fin apologétique. On sait que les Apocryphes n'ont pas été appréciés des catholiques ni des autres églises chrétiennes et ont été exclus par les Eglises chrétiennes historiques (les orthodoxes, les anglicans, les Mormons…) ce qui n'a rien d'étonnant. Cependant ils ont existé, ont été localisés et ont été objets de controverses. Un tas de gens, des saints mais aussi d'autres personnes ont essayé de défendre Marie des accusations portées, tant par les Juifs que par les païens, et ont été rapportées par Origène (il n'affirmait pas, il ne faisait que rapporter) dans sa lutte "contre Celse". Celse a sans doute écrit pour réduire le développement du christianisme. Ses écrits sont dirigés contre Jésus-Christ, c'est évident. Origène lui a répondu dans l'œuvre citée. Dans son livre, Celse se moque de Jésus-Christ, disant qu'il aurait été le fils d'une juive, mise enceinte par un soldat romain, qui aurait pratiqué la magie, apprise en Egypte et qui, à cause de cela, s'était gagnée quelques disciples parmi les plus misérables et les plus dignes de pitié. Malgré tout, pour Celse, l'argument le plus fort contre le Christ est cette mort humiliante, en croix, tout à fait indigne d'une divinité. Tout cela impliquait que la mère de Jésus ne pouvait être qu'une pauvre femme, ignorante et adultère, que son mari avait répudiée et qui aurait donné naissance à un fils illégitime d'un soldat romain. Pour réfuter ces accusations, l'auteur du protévangile amplifie la sainteté de Marie et surtout sa virginité, y compris après son accouchement. Salomé, celle dont on parle dans l'Evangile de Marc et qui est présente au moment de la crucifixion, prouve de manière empirique la virginité de Marie (chapitre 20) après son accouchement. La rédaction de cet Evangile a sans doute un lien avec les débuts du culte marial. Ce qui veut dire que ce texte en marge a créé la forme la plus radicale du culte à la Vierge, la faisant devenir, en effet, une femme choisie, d'un haut niveau spirituel et culturel, une sainte au plus haut degré, d'une dignité suprême, et provoquant la base d'une discussion qui dure encore de nos jours. Sur quoi porte la polémique ? Eh bien, était-elle vierge ou non ? Nous trouvons plusieurs fois dans l'Evangile des allusions à ceux qu'on appelle les "frères de Jésus"… Ceux-ci étaient-ils ses demi-frères (il y avait quatre garçons et deux filles, fruits d'un premier mariage de Joseph qui était devenu veuf par la suite) ou bien étaient-ce des cousins ou des familiers, selon les traductions, ou bien, Marie avait-elle donné naissance à d'autres enfants après le Messie ?
Quoiqu'il en soit, cette femme, vierge ou non, a souffert le plus grand des martyres devant l'infamie commise sur son fils, exemple de sagesse spirituelle, elle est devenue un sujet de discussion et de controverse à cause de sa virginité, oubliant sa plus haute fonction en tant que personne humaine, voilà qui est difficile à comprendre. La Réforme protestante s'est éloignée de la vénération de Marie. Le protestantisme accepte la conception miraculeuse de Jésus par l'œuvre de l'Esprit-Saint comme une vérité biblique, mais ensuite, quand on parle dans les Ecritures des "frères de Jésus", ou quand l'apôtre Paul écrit "Jacques le Mineur, le frère du Seigneur", ils l'interprètent de manière littérale et nient donc la virginité perpétuelle de Marie. D'autre part, dans Matthieu 1 au verset 25, quand Joseph se réveille du songe où on lui apprend que Marie a conçu de l'Esprit-Saint, on dit : "Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait demandé, il prit Marie comme épouse. Mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle mette au monde son fils premier-né, et il lui donna le nom de Jésus." Ce qui laisse sous-entendre deux idées : l'une que, connaître son épouse veut dire, être en sa compagnie, avoir des relations, et l'autre que, lorsqu'on parle du fils premier-né, cela veut dire qu'il y en a eu d'autres. Le raisonnement est logique quand on sait qu'à cette époque, ne pas avoir d'enfants était un affront et aucune femme ne désirait être stérile. Le plus grand désir des femmes étaient d'avoir un enfant et de l'offrir à Dieu. Beaucoup pensent que la plus grande erreur des Juifs n'a pas été de tuer le fils comme on pense traditionnellement mais de ne pas reconnaître la vertu et la dignité de la mère. La question de sa voir si elle a eu ou non d'autres enfants est-elle importante au moment de reconnaître Jésus comme le Sauveur ? Je pense que non. La question si controversée de la virginité de Marie n'influe pas beaucoup non plus devant l'énorme sens de sa personne dans l'histoire de l'homme. Marie a permis de connaître la Vérité et dans ce sens nous devons avoir pour elle de la considération. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende…

Foto: Maria de "La Pasión de Cristo" de Mel Gibson.
Publicar un comentario

Entradas populares